En trois ans à la tête de son commando « Tigre Noir », il permet d'infliger à l'ennemi autant de pertes qu'une division d'infanterie. Le Général de Lattre de Tassigny disait de lui “c'est le meilleur soldat d'Indochine”.

Mais ce qu’ils n’auront pu obtenir au combat, les Viêt-Minh l’obtiendront par la ruse et la trahison. Roger Vandenberghe est assassiné (avec sa compagne viêtnamienne) dans son pro­pre poste de Nam Dinh, au cours de la nuit du 5 au 6 janvier 1952, par un sous-lieutenant capturé lors de la bataille du Day et avec l'aide de complices venus de l'extérieur.

L'adjudant-chef Vandenberghe est l'un des sous-officiers les plus décorés de l'armée française.
Il était titulaire des décorations suivantes : Chevalier de la Légion d’Honneur (26 février 1949), Médaille Militaire (06 décembre 1948), Croix de Guerre 39/45 avec 1 citation, Croix de Guerre TOE avec 14 citations, dont 6 avec palmes.

Il avait été blessé à 8 reprises : 1 fois dans les Vosges (février 1945) et 7 fois en Indochine (octobre 1947 - février 1948 - janvier 1949 - février 1949 - février 1951 - mai 1951 - septembre 1951).

Il repose au cimetière de Nam Dinh, tombe numéro 263.

Roger Vandenberghe est né le 26 octobre 1927 à Paris et décédé le 6 janvier 1952 à Nam-Dihn (Tonkin).

En 1939, lorsque la guerre éclate, il veut s'engager dans la résistance, mais il est trop jeune. En 1944, il rejoint le Corps Franc Pommiès et participe avec la résistance à la bataille des Vosges, où il est blessé par l'explosion d'une mine.

A la fin du conflit, il reste dans l'armée et est affecté au 49ème Régiment d'Infanterie. Nommé caporal en 1946, il se porte volontaire pour l'Indochine et embarque en janvier 1947. Dès lors, il se trouve au coeur des combats les plus féroces, notamment au Nord-Vietnam. Il est nommé sous-officier en avril 1948.

Il est le chef du commando n° 24 « Tigre Noir », commando constitué de volontaires des ethnies Thos, Nungs et Méos (traditionnellement hostiles au Viêt-Minh et fidèles à la France) ainsi que d'anciens soldats Viêt-Minhs, recrutés dans les camps de prisonniers pour leur aguerrissement et leur connaissance intime des techniques de combat et de la mentalité adverse.

Afin de semer la confusion chez l'ennemi, le commando est habillé comme une unité de bô-dôï (soldats réguliers du Viêt-Minh) : tenue noire et casque en latanier avec insigne Viêt-Minh. Les carabines US M1, les pistolets-mitrailleurs Thompson M 1928 A1 (spécifiques à ce commando) assurent volume et puissance de feu, décisifs dans les combats en jungle, les accrochages étant soudains, brefs et en contact rapproché.

Adjudant à l'âge de 23 ans, il fait peur au Viêt-Minh, sa tête est d'ailleurs mise à prix. Sa devise était : “Khong Biet-So, Khong Cam-Thinh” (sans peur, sans regret).

Adjudant-Chef
Vandenberghe