Le commandant Jean Dieudonné de LAUBIER est né à SAINT-MELOIR-DES-ONDES, dans le département d'ILLE-ET-VILAINE, le 17 juin 1897. Engagé volontaire le 26 octobre 1914, pour la durée de la guerre, il sert dans l'Artillerie. Il est démobilisé le 18 octobre 1919.

Fin 1920, il est affecté comme sous-­lieutenant de réserve au 31ème  Régiment d'Aviation. Il fait SAINT-CYR de 1921 à 1923 et choisit l'aviation. En 1924, il est breveté observateur puis pilote militaire. Il reçoit différentes affectations dans des unités d'Aviation lourde de défense.

 

 

 

 

 

Le 9 janvier 1940, le commandant de LAUBIER est nommé à la tête du Groupe de Bombardement 2/34, équipé de bimoteurs AMIOT 143 lents et lourds.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 10 mai 1940, les Allemands déclenchent l'offensive. Le colonel FRANCOIS, commandant la 34ème Escadre, stigmatise ses hommes par ces paroles ;           « C'est un nouveau VERDUN. Il faut arrêter l'ennemi coûte que coûte ».

 

Le 14 mai, quelques équipages sont désignés pour une mission de bombardement: mission de sacrifice, car les « poussifs» AMIOT 143 ne pouvaient être raisonnablement utilisés que pour des vols de nuit. Mais l'ordre est formel: les Allemands ayant franchi la MEUSE à SEDAN, il faut à tout prix couper les ponts pour stopper leur progression.

 

A 11 heures 30, deux avions du Groupe 2/34 décollent. Chargés de bombes, aux côtés de trois avions du Groupe 1/34. L'AMIOT 143 N° 56 (LTT VAUZELLE, SGC OCCIS. SGT ANKAOUA, SGT GELLY, SGT OEILLARD) roule au sol quand le commandant de LAUBIER se précipite, fait arrêter l'avion, donne l'ordre au sergent OEILLARD de descendre et prend la place du deuxième pilote bombardier. .. Les bombes sont larguées. 11 est 13 heures. La Flak ennemie forme alors un tir de barrage: l'avion est touché. Les sergents GELLY et ANKAOUA sautent en parachute : ils sont faits prisonniers. Le sergent-chef OCCIS saute aussi, mais se tue, son parachute ne s'étant pas ouvert. Le commandant de LAUBIER et le lieutenant VAUZELLE meurent dans l'explosion de leur appareil qui percute le plateau surplombant SEDAN.

 

Ce 14 mai, le commandant de LAUBIER ne devait pas voler: il rentrait de mission, avec un avion indisponible. Mais il ne se sentit pas le droit d'envoyer les hommes de son Groupe se faire tuer, sans prendre les mêmes risques qu'eux. Il donna ainsi, comme allait le faire le 18 mai le lieutenant-colonel DAGNAUX de cette même 34ème Escadre, en choisissant de voler en toute connaissance de cause, l'exemple le plus accompli de chef.

 

 

 

Le 17 octobre 2009 la Base Aérienne 901 de Drachenbronn a accueilli le congrès départemental du Souvenir Français du Bas-Rhin. En 1991 cette base à pris pour nom               "Base Commandant de Laubier".

 

A cette occasion il nous semblait évident de présenter dans notre rubrique le portait du mois, la biographie de ce héros de l’aviation française, mort pour la France lors de la campagne de mai 1940

Commandant 
Jean Dieudonné de LAUBIER