Albert FOSSEY

dit

FOSSEY­FRANÇOIS

De la Résistance

aux parachutistes coloniaux.

Albert-Marie Fossey est un solide Normand du Calvados qui commence par suivre les cours du petit séminaire avant de devenir instituteur. Officier de réserve, il rejoint sous l'Occupation les «combattants de l'ombre » et prend la tête des maquis de la Creuse. Suivant l'usage et la nécessité  de l'époque, il prend un pseudonyme et se voit appeler tout simplement : colonel François. Il parviendra par la suite à faire régulariser son nom de guerre et sera connu officiellement sous le nom de Fossey-François.

Il participe aux combats de la Libération, s'empare de Guéret, poursuit les Allemands en retraite et s'impose comme un des jeunes cadres de la Résistance, très attaché aux impératifs et aux traditions de la vie militaire. Il ne se veut pas un chef de bande, mais un officier d'une armée française renaissante. Ami de Chaban-Delmas, le jeune instituteur résistant décide de se vouer à la carrière des armes en commençant par se faire verser dans l'active. Ses indéniables titres de guerre - il est compagnon de la Libération,  lui ouvrent la perspective d'un bel avenir.

Et une belle carrière, pour lui, c'est d'abord le combat, encore le combat et toujours le combat.

Quelle arme conviendrait mieux à son enthousiasme que les parachutistes? Il rejoint à Sétif, en Algérie, le 1er régiment de chasseurs parachutistes, dont il va commander le 3e bataillon.

Il part en Indochine à la tête de ses Bérets bleus et de novembre 1946 à juin 1948, se fait remarquer par son sens du terrain et de la manœuvre. Pour son second séjour, il sera muté des paras métropolitains aux paras coloniaux. Voici le commandant Fossey-François devenu Béret rouge. Il sert alors au Tonkin, où les hommes des troupes aéroportées se trouvent sans cesse sur la brèche, dans des conditions de plus en plus difficiles.

Vers la fin de la guerre d'Indochine, le chef de bataillon Fossey-François devient un des grands responsables de l'action psychologique. Sa formation de séminariste, son expérience d'instituteur, son action dans la Résistance, tout cela a fait de lui un officier très ouvert aux réalités politiques, capable de prendre des initiatives « payantes» dans tous les domaines.

Fossey-François est indéniablement un de ces grands centurions qui commencent à entrer dans la légende. La guerre d'Algérie va lui permettre de donner toute sa mesure. Il rejoint le 2e RPC du colonel Chateau-Jobert, dit Conan, dont il va devenir l'adjoint, puis le successeur.

Lors de l'intervention à Suez, il saute sur Port-Fouad le 5 novembre 1956 à 15 heures, à la tête de la seconde vague d'assaut du 2e RPC. La 2e compagnie du lieutenant Leborgne et la 3e compagnie du capitaine Barrière sautent avec lui, ainsi qu'une trentaine de paras de la compagnie d'appui et le commando du lieutenant Lebeurrier. Fossey-François installe son poste de commandement aux Salines, tandis que des tireurs d'élite égyptiens continuent de harceler les paras français. En fin de journée, l'adjoint de Conan obtient finalement la reddition des forces de Nasser. La campagne d'Égypte se termine sur une victoire militaire que l'intervention des grandes puissances va transformer en défaite politique.

En Algérie, le combat continue. En février 1957, le lieutenant-colonel Fossey-François reçoit le commandement du 2e RPC. Après les opérations de maintien de l'ordre à Alger, ce sera l'opération Agounenda, puis les combats avec le RCP de Buchoud près de Molière. Les bilans sont élo­quents : 130 fellaghas hors de combat dans l'Atlas blidéen en un seul mois d'opération durant l'été 1957, et plus de 160 en seul jour de combat, le 18 mars 1958, sur l'oued Isser.

En avril 1958, le lieutenant-colonel Fossey­François laisse un superbe 2e RPC à son successeur, le colonel Olivier Le Mire, et gagne Bayonne, où il trouve la mort quelques mois plus tard, lors du tragique accident de saut qui interrompt brutalement sa carrière.